vendredi 5 juin 2015

interview de Re-Bon

En début d'année, je m'étais engagé à découvrir et vous faire découvrir des initiatives intéressantes et positives.

En voici une qui me touche tout particulièrement pour ses valeurs écologiques et solidaires : Re-Bon.

Je suis outragée par le gaspillage alimentaire. C'est dans ma culture, mes parents m'ont élevé ainsi : ne prendre que ce dont j'ai besoin, finir mes repas et ne pas jeter.

Sans parler des personnes qui, encore à notre époque, ne trouvent pas forcément tous les jours de quoi se nourrir (et vraiment pas besoin d'aller bien loin), je pense que c'est un manque de respect vis à vis du travail fournis par le producteur.

Alors cela me gène d'autant plus lorsqu'il s'agit des cultivateurs eux-mêmes qui, pour des raisons souvent indépendantes de leur volonté, se voient dans l'obligation de jeter une partie de leur récolte.

Et c'est là qu'intervient Re-Bon avec ses 400 bénévoles.

 

Alors qui mieux que Flavie Duprey, présidente de cette association, pour nous en parler. J'ai rencontré Flavie le 1er avril lors de la conférence sur le Zéro Déchet à Nantes. Mais nous nous étions croisées déjà sur les réseaux sociaux.

Flavie peux tu te présenter en quelques mots :


Passionnée par le végétal et l’alimentation, j’ai 30 ans et je suis paysagiste spécialisée dans la gestion des espaces verts et des arbres de nos villes.
Une arrivée en région nantaise en 2012 et quelques belles rencontres ont permis la création de Re-Bon et de l’antenne nantaise de Disco Soupe fin 2012.
Je m’intéresse de près à tout ce qui touche à la réduction de nos déchets, notamment au gaspillage alimentaire, mais aussi en limitant drastiquement chez moi l’utilisation des emballages !

Qu'est ce que Re-Bon ?


Re-Bon, est une association qui organise des sessions de récupération des fruits et légumes destinés au rebut chez les producteurs de la région nantaise. 
“Destinés au rebut” ça veut dire quoi ? Ça veut dire destiné à être gaspillé !

- Soit un légume n’est pas récolté et il reste au champ au lieu de finir sa vie dans une assiette. Dans ce cas, Re-Bon mobilise des bénévoles pour venir récolter ces légumes.

- Soit un légume est récolté mais il peut quand même être destiné à la benne, ce pour de nombreuses raisons, dans ce cas, Re-Bon récupère également ces produits pour leur éviter un triste sort.

Et le glanage ?

Le glanage vient d’une tradition du moyen-âge qui consistait récolter les épis de blés restant au champ après la récolte. C’est une pratique autorisée depuis 1554 !

  Les conditions : glaner après la récolte d’un champ, en journée, sur terrain non clos et sans l’aide d’outils. 
Re-Bon demande toujours l’accord des producteurs avant de venir glaner.


Comment fonctionne le partenariat avec les maraîchers ? Quel est l'intérêt pour eux ?


Nous contactons régulièrement les maraîchers par téléphone afin de voir avec eux s’ils ont des rebuts (surplus, invendus, laissés au champs). Nous convenons ensuite d’un rendez-vous pour le glanage. Nous venons ensuite le jour J avec nos bénévoles, cagettes, véhicules, tout ce qu’il faut pour mener à bien l’opération de récupération en toute autonomie !

L’intérêt pour le producteur ? Tout d’abord, ne pas voir le fruit de son travail finir à la poubelle ! Ensuite, nous nettoyons son champ, cela lui évite éventuellement de devoir y passer un broyeur. Enfin si les déchets étaient destinés à être récupérés pour retraitement par une firme privée, cela évite une partie des coûts inhérents à ce service !

Que faites vous de ces légumes glanés ?


Tous les fruits et légumes récupérés sont ensuite redistribués à la Banque Alimentaire de Loire-Atlantique, ou directement associations d’aide alimentaire locales (Croix-Rouge Nantes, Secours Populaire Saint-Herblain, etc.)


Quels sont vos besoins actuellement ?


En ce moment nous aurions bien besoin d’un camion afin de moins solliciter les véhicules personnels de nos bénévoles (comme nous le faisons depuis 2 ans…. ils ont d’ailleurs déjà transporté 15 Tonnes de fruits et légumes frais !!)

La DRAAF des Pays de la Loire (Direction Régionale de l'Agriculture et de la Forêt) nous soutient pour cet investissement dans l’achat d’un camion par un co-financement. Afin d’obtenir le reste du financement, nous avons lancé une campagne sur la plateforme Ulule.


Sinon, notre but étant de sensibiliser largement à la problématique du gaspillage à la production agricole, nous recherchons toujours de nouveaux bénévoles pour les emmener dans les champs afin qu’ils puissent constater les choses par eux même et leur permettre de mieux comprendre ce sujet complexe.

Vous avez lancé une campagne de collecte : quelles en sont les formes ? 

Une campagne Ulule :  Nous y décrivons en détail notre projet et les internautes sont invités à y apporter leur contribution par des dons dès 5 euros qui se font directement par carte bancaire via la plateforme sécurisée d’Ulule.

Nous offrons à nos contributeurs quelques contreparties variables en fonction du montant :
  • Pour 15 €, un livre de recettes anti-gaspi concocté par nos bénévoles
  • pour 30 € devenez adhérent de Re-Bon
  • pour 50 € venez pique-niquer avec nous dans les champs avec les produits de nos producteurs
  • pour 100 € une invitation à la projection du film d’Agnès Varda, Les Glaneurs et la glaneuse
  • et enfin pour 200 € et au delà, nous vous invitons à une journée de découverte du maraîchage et vous concoctons une séance de coaching zéro déchet personnalisée ! 


En ce moment et jusqu’au 8 juin, nous sommes également finalistes dans la cadre du concours La Miss Bio ! Les internautes peuvent nous soutenir. Le match est serré, alors votez :-) !!! A la clé, de l’argent pour faire circuler notre futur camion !


Nous avons également été sélectionné par la Fondation Nicolas Hulot dans le cadre de la campagne My Positive Impact ! A la clé, une campagne de communication pour les lauréats.

Comment peut-on vous contacter ?

Le plus simple est de nous envoyer un mail à rebon.info@gmail.com
Pour en savoir plus sur nos activités, nous avons également un site web et une page Facebook.

Flavie, que veux tu nous dire de plus ?

Une chose importante pour moi. Quant on parle de gaspillage alimentaire, on évoque rarement ce qui se passe dans les champs. Pour autant, nous constatons tous les jours que beaucoup de produits ne sortent pas des exploitations agricoles par la grande porte… Sur un département comme la Loire-Atlantique, bassin de production maraîchère, ce sont probablement plusieurs dizaines de tonnes qui partent à la poubelle chaque semaine. Mais je ne vous donnerais pas de chiffres, car personne ne sait vraiment…
On ne peut plus continuer comme ça alors que l’on sait pertinemment que les ressources de la planète ne sont pas infinies et que dans le même temps, des millions de personnes n’ont pas de quoi se nourrir correctement (et encore moins avec des produits frais)....
Les raisons du gaspillage sont multiples et complexes (mécanisation de la récolte, calibrage, surproduction, saisonnalité, etc.) et nos façons de consommer y sont pour quelque chose !

Alors reconnectons-nous à notre alimentation en allant vers nos agriculteurs !

Un grand merci à Flavie et Re-Bon pour cette générosité. 

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Pour aller plus loin : un reportage sur France 3
Et un petit film d'animation à l'occasion de la campagne de collecte. 
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Un petit rappel pour aider Re-Bon 3 solutions
La campagne de financement participatif sur Ulule
Le concours Miss Bio
Le concours My positiv Impact de la Fondation Nicolas Hulot

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Les 2 dernières ne coutent rien, mais peuvent rapporter gros pour Re-Bon !




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